"Gilets jaunes": Mgr Aupetit prend la parole

 

            En France, le phénomène des «gilets jaunes» révèle un malaise profond au sein de la société française. Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, réagit aux manifestations de samedi dernier et livre son regard sur les «temps troubles» que traverse actuellement le pays.

 

            Les annonces du Premier Ministre Edouard Philippe et l’apparente reculade du gouvernement n’ont, semble-t-il, pas convaincu ni davantage apaisé les esprits. Les «gilets jaunes» promettent une nouvelle mobilisation ce samedi 8 décembre à Paris, alors que la capitale française est encore sous le choc des violences qui se sont déroulées en marge des manifestations de la semaine dernière.

 

Incompréhension généralisée

            Des évènements sur lesquels revient Mgr Aupetit dans un message publié sur le site internet du diocèse de Paris. Ils montrent, selon lui, «une souffrance importante d’une grande partie de nos concitoyens, qui génère la colère quand elle ne semble pas entendue et une frustration devant ce qui peut être pris pour de l’arrogance». L’archevêque de Paris dit comprendre la «peine» et les motivations de ceux qui manifestent pacifiquement, mais en revanche condamne avec vigueur la «violence scandaleuse» des fauteurs de troubles.

            «Notre pays souffre d’une incompréhension généralisée», observe-t-il avec gravité. L’individualisme devient la valeur absolue au détriment du bien commun qui se construit sur l’attention aux autres et en particulier aux plus faibles. Les valeurs de la République que sont la liberté et l'égalité sont parfois détournées par des réseaux d'influence qui réclament des droits nouveaux sans égard pour les plus vulnérables» assène l’archevêque.

Paternité commune pour une société fraternelle

            Les causes nationales de la France ne peuvent se restreindre à des revendications «communautaristes ou catégorielles», poursuit-il avant de rappeler quel est le devoir premier de l’Etat: «garantir à chacun les moyens d’entretenir sa famille et de vivre dans la paix sociale». La reconstruction d’une société fraternelle procède de la reconnaissance d’une paternité commune, argue l’archevêque de Paris. «La conscience de Dieu le Père qui nous apprend à nous ‘aimer les uns les autres’ a façonné l'âme de la France. L’oubli de Dieu nous laisse déboussolés et enfermés dans l’individualisme et le chacun pour soi».

            Mgr Aupetit appelle encore à l’écoute mutuelle et respectueuse, au dialogue sincère et délivré de tout a priori teinté de mépris. Les protagonistes doivent accepter «de sortir de leurs certitudes»: ce n’est qu’à ce prix qu’un diagnostic juste de la situation pourra être établi et que des voies de solution pourront être «humblement» trouvées.

            Quant aux chrétiens, il leur incombe de prier et «d’être ce qu’ils sont appelés à être au nom du Christ : des artisans de paix».

Mgr Aupetit assure qu’il confiera le pays tout entier à la Vierge Marie, lors de la solennité de l’Immaculée Conception, le 8 décembre. «En ces temps troubles que nous vivons, nous pourrons confier à la sainte Patronne de la France la paix de notre nation qui ne peut naître que de la justice», conclut l’archevêque de Paris.

 

Manuella Affejee - 5 décembre 2018 - Internet : vaticannews.va/fr.html